Stress et neuroplasticité : comment le stress modifie le cerveau
Comprendre
Tout stress n'est pas négatif, mais le stress chronique peut modifier la structure même du cerveau.
De nombreux travaux ont montré l'existence de modifications structurales qui illustrent le concept de neuroplasticité dans différentes situations expérimentales de stress.
Les modèles animaux utilisés pour reproduire ces situations vont de conditionnements relativement simples (stress de contention, nage forcée) à des situations de plus en plus complexes (« chronic mild stress ») faisant intervenir un paramètre psychosocial (« learned helplessness », ou stress de résignation acquise). On peut aussi citer les modèles de stress prénatal ou postnatal, qui s'appuient sur l'hypothèse « neurodéveloppementale ».
Stress aigu, stress chronique
Tout stress n'est pas forcément négatif. Le stress aigu a toujours été au centre de nos réactions de survie et, par extension, de nos réactions d'hypervigilance et d'excellence. En revanche, le stress chronique active au long cours le système limbique et conduit à l'épuisement de notre système de défense et de survie.
Le stress, au centre de la fragilité dépressive
Chez l'animal soumis à un stress chronique, les études cytologiques révèlent une régression des arborisations dendritiques, avec une perte de connexions interneuronales et un déficit de la neurogenèse de l'hippocampe.
Cette atrophie hippocampique serait liée aux effets neuronaux du stress, qui induit une augmentation de la libération de glutamate et diminue l'activité du facteur de transcription CREB et du facteur neurotrophique BDNF. Comparable à celle retrouvée chez des patients déprimés, elle s'explique aussi par la perte gliale et par une atrophie neuronale.
La bonne nouvelle : le cerveau est plastique. Il peut se réorganiser, et des approches comme la sophrologie ou le neurofeedback visent à accompagner cette réorganisation.